Synthse des changes de la

 

Rencontre Ecoles dIngnieursEntreprises

du mardi 7 dcembre 2004

 

 

 

 

 

 Les nouvelles rgles du jeu de la lgislation sur la formation professionnelle et leur impact sur la gestion des comptences dans lentreprise 

 

 

organise linitiative conjointe

du CEIFCO (Club des Grandes Ecoles dIngnieurs pour la Formation Continue)
et du CEFI
(Comit dEtudes sur les Formations dIngnieur

avec lappui du CNAM

 

 

Que retenir de cette rencontre ?

 

Par Claude Maury, Dlgu Gnral du CEFI

Le CEFI a t sollicit en dcembre dernier par le CEIFCO, qui associe dans une structure de Club les services de formation continue de dix-huit Grandes Ecoles dIngnieurs, pour organiser et animer une runion dՎchanges avec des responsables dentreprises et des fdrations professionnelles sur la nouvelle lgislation de la formation professionnelle.

 

Cette rencontre poursuivait un double objectif

 

                  - prendre la mesure des changements induits par la nouvelle lgislation
(dont la Loi relative la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social du 4 mai 2004 et lAccord National Interprofessionnel sur la formation
professionnelle continue du 20 septembre 2003) ;

                  - engager un dialogue avec les oprateurs de la formation continue sur les nouvelles attentes et perspectives des entreprises en matire dorganisation de la formation,
de gestion des comptences et de suivi des carrires.

 

Remerciements

En premier lieu nous tenons remercier les deux experts, Bernard Litard (Matre de Confrences la Chaire de Formation des Adultes du CNAM) et Marc Dennery (Vice-Prsident du GARF, directeur de la formation du Groupe SFR-CEGETEL) qui ont apport avec une grande disponibilit leur appui, leur connaissance approfondie et leurs prcieux conseils pour clairer les mcanismes complexes et les enjeux de cette rforme, et enrichir les dbats.

 

Notre reconnaissance sadresse galement aux responsables dentreprises et des milieux professionnels qui ont accept de participer cette rencontre dans le cadre dun change trs ouvert.

 

 

Principaux messages

Quels messages retenir du contenu trs dense des interventions et des changes retranscrits dans le prsent document et des orientations qui sy dessinent ?

 

1) Quelques termes et orientations cls

 

Le premier mot-cl qui apparat comme un fil conducteur est celui d   individualisation , qui correspond une orientation forte de la rforme dont lillustration la plus souvent voque est la mesure symbole  du DIF (droit individuel la formation), mais qui sexprime aussi par une relance du Cong Individuel de Formation (ref. expos de Bernard Litard).

 

Ce recentrage sur lindividu appel co-investir dans la formation, et devenir acteur de son volution professionnelle, garde toutefois ses limites par rapport aux engagements de lentreprise et il a t soulign que le systme permet essentiellement un droit dinitiative et non un droit la formation libre (Marc Dennery). Cependant, il est clair que le dispositif va dans le sens dune personnalisation des parcours de formation qui sollicite les acteurs de la formation continue vers plus de souplesse, la conception de formations sur mesure,  modulaires, les fonctions daccompagnement et de tutorat. Cette individualisation fait cho aussi au problme soulev plusieurs reprises de la gestion des publics htrognes.

 

Un deuxime mot-cl de la rforme (qui prvoit la possibilit pour un salari dՐtre form dans le cadre dun projet professionnel) est celui de professionnalisation, une dimension de loffre de formation dsormais qualifie de vitale (Syntec Informatique). Cette orientation est dj bien ancre par une expression rcurrente des besoins de formation en termes de comptences. Elle sexprime par exemple chez VEOLIA par lide de viser lintelligence de la tche et par la mise en place dun dispositif de progression professionnelle reconnue par un diplme travers le contrat de dveloppement de comptences. Dautres rformes et processus en cours devraient conforter cette tendance, selon Bernard Litard : la Rforme du LMD qui pousse des rfrentiels professionnalisants et linscription au Rpertoire National des Comptences Professionnelles.

 

Cette orientation a suscit de nombreux questionnements

 

- sur lՎquation professionnalisation - employabilit qui peut poser lune des limites de cette rforme, du fait de lacquisition de connaissances et de comptences trop contextualises, difficilement transfrables dune entreprise lautre; lemployabilit se limiterait ainsi une employabilit de branche.

- sur le dcalage entre une rforme mene sur des rfrentiels de comptences dingnieurs alors que les enseignants fonctionnent sur des contenus, dcalage jug particulirement problmatique dans le cadre de   la formation continue.

 

Le thme de la reconnaissance, autre pilier de cette rforme qui intgre la VAE, a donn lieu des approches diffrencies. Il a t observ que le diplme conserve une valeur forte et rpond une forte demande des individus. Si lacquisition dun diplme fait partie de la stratgie de formation et de gestion des comptences de certaines entreprises, dautres considrent que le processus ne doit pas tre automatique car il se prte des drives.

 

2) Quelles perspectives dՎvolution du march de la formation ?

 

Pour les Ecoles du CEIFCO il est essentiel davoir une vision en profondeur du march afin danticiper sur les besoins de formation. A ce propos les fluctuations rapides de la demande de formation ont t rappeles. Les changes avec les entreprises ont toutefois permis de dgager quelques tendances gnrales qui se profilent dans le contexte de la rforme en cours.

 

- Une ouverture du march de la formation (320 millions dheures de formation potentielles), le nouveau dispositif devant toucher plus largement lensemble des niveaux de qualification et prvoyant une contribution financire accrue des entreprises pour la formation.

-        Concernant la dure des formations, la tendance est toutefois plutt la rduction de la dure associe une recherche damlioration de lefficacit des formations avec un renforcement de lՎvaluation prformative et en fin de formation (UIMM). Loffre de formations longues (200-300 heures) demeure une ncessit mais condition de la proposer sous forme modulable (Syntec Informatique).

 

-        La diversification de la palette des voies de formation auxquelles recourent les entreprises est un mouvement qui saffirme : formations sur mesure, E-learning, partage entre formations extrieures et en interne. La tradition de formations et Ecoles internes qui a cours dans de  grandes entreprises (Renault, SNCF, ..) semble prendre un nouvel essor travers le concept du  manager-pdagogue  chez AREVA ou travers le principe  Veolia forme Veolia  illustrant une dmarche de transmission du savoir-faire par les collaborateurs de lentreprise. Le recours aux formations internes est favoris, selon Marc Dennery, par la ncessit actuelle de faire face lindividualisation de la formation, une option intressante pour les entreprises tant de crer des centres de formation dont la gestion logistique sera externalise et dont les formateurs seront internes.

 

 

3) Quelle perspectives pour les oprateurs de formation continue des Ecoles dIngnieurs?

 

 

Le cadre de la rforme est susceptible de placer les services de formation continue des Ecoles la fois face un march plus vaste et une concurrence accrue (par exemple de la part dorganismes privs mais qui prsentent le handicap de cots levs).

 

Ainsi que la exprim Marc Dennery, la rforme peut constituer une opportunit pour les Ecoles dans la mesure o elles sauront trouver des dispositifs dadaptation pour raccourcir la dure des formations longues (combinant diplme et VAE) et surtout crer des produits drivs et  innover dans le march de loffre des savoirs .

 

Cest en tout cas un dfi relever.

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